Carnet de mission • SOMAT · La Turbie
Une carrière,
plusieurs façons de
regarder le terrain
La Turbie, Alpes-Maritimes · Mission du 30 septembre 2026
À la SOMAT, au-dessus de Monaco, je reviens chaque mois pour relever une carrière qui continue d’évoluer. Depuis presque deux ans, ce rendez-vous me permet de suivre le site tout en faisant évoluer ma méthode. Le passage au LiDAR élargit aujourd’hui les possibilités du relevé, mais le travail reste guidé par une question concrète : quelles informations faut-il acquérir pour que les données soient utiles à ceux qui exploitent la carrière ?
Revenir sur un terrain connu
La SOMAT fait partie des premiers clients qui m’ont fait confiance. J’y réalise le relevé mensuel, généralement en fin de mois ou au début du suivant. Cette régularité donne une continuité au travail : chaque intervention apporte une nouvelle lecture du site.
Au départ, je travaillais en photogrammétrie avec le Mavic 3 Enterprise. Cette méthode répondait au besoin, notamment pour les calculs de volumes. Certaines parties de la carrière présentaient moins de détails, sans que cela remette en cause l’usage attendu du relevé.
Avec le Matrice 400 et le capteur Zenmuse L3, ma façon d’acquérir les données a évolué. Le LiDAR apporte une autre source d’information sur la géométrie du site, en complément des photographies. L’intérêt est aussi de pouvoir enrichir le relevé dans des zones qui étaient moins documentées auparavant.
La vue d’ensemble, puis les détails
L’acquisition commence par un vol nadir, avec une prise de vue dirigée vers le sol. Il sert à couvrir l’ensemble de la carrière et à conserver une lecture globale de sa structure.
Je complète ensuite ce passage par un vol manuel, avec des prises de vue obliques dans des zones précises. J’aime descendre vers le fond de la carrière et reprendre les carreaux un par un. Ce complément permet d’ajouter des détails au nuage de points et au maillage 3D.
Les deux approches se répondent. La première donne l’ensemble ; la seconde s’attarde là où le relief demande un autre angle de vue. C’est dans cette complémentarité que je construis le relevé.
Une partie du site comporte aussi une végétation dense. Le LiDAR ouvre la possibilité d’y documenter davantage le terrain, avec l’objectif de compléter le modèle numérique de terrain. Ces zones demandent ensuite une lecture attentive des données obtenues.
Garder les mêmes repères
Sur un site suivi chaque mois, la continuité repose aussi sur les points de contrôle au sol.
À la SOMAT, des cibles ont été réparties autour de la carrière et mesurées par les géomètres avec lesquels je travaille. Je reprends la même base de coordonnées d’une intervention à l’autre. Lorsqu’une cible a dû être déplacée, elle a été mesurée à nouveau et le fichier a été mis à jour.
Ce dispositif évite de reconstruire les repères à chaque passage. Il fournit une base commune pour rattacher les acquisitions successives et examiner l’évolution du site.
C’est un enseignement que je retiens de cette mission suivie dans la durée : préparer des repères visibles et conserver leurs coordonnées fait pleinement partie du travail, au même titre que le vol.
Des données qui prolongent le terrain
Après l’acquisition vient le traitement. La quantité d’informations demande du temps au bureau ; dans mon organisation habituelle, une longue nuit de calcul peut être nécessaire.
Les livrables du suivi comprennent un nuage de points, une orthophotographie et un maillage 3D. La carrière les exploite dans son logiciel interne pour calculer les cubatures, mettre à jour ses plans et préparer ses décisions.
Un accès cloud complète ces fichiers. Lors d’interventions précédentes, il a également servi à partager une lecture du site avec des entreprises extérieures, notamment pour préparer du terrassement ou la sécurisation d’un bloc près de l’entrée.
C’est ce prolongement qui donne son sens au relevé. Depuis le terrain jusqu’à sa consultation au bureau, chaque étape doit permettre de retrouver une information utile. À la SOMAT, revenir chaque mois m’amène ainsi à regarder la même carrière à plusieurs échelles, selon les besoins de ceux qui y travaillent.

